« Un joueur, un maillot » : Milan 88-89’ : Le règne de « San » Marco

Notre série « un joueur, un maillot » met en scène une série de maillots rétro vendue par JD. Nous mettrons à l’honneur un joueur qui aura marqué la saison qui lui correspond. Il n’est pas question ici de désigner le meilleur footballeur de l’équipe mais de valoriser un joueur, soit car il a été l’un de ses membres emblématiques, soit simplement car son année a donné lieu à un évènement marquant ou atypique. Après Djibril Cissé, on se tourne désormais vers l’Italie et Marco Van Basten pour la saison 1988-89 avec le Milan AC.

Marco Van Basten ou l’élégance à l’état pur. Un joueur appartenant au rang des plus grands attaquants de l’histoire du football et qui a participé à redonner ses lettres de noblesse à l’un des plus grands clubs italiens et européens, le non moins célèbre Milan AC. Comment alors ne pas évoquer le Néerlandais lorsqu’il s’agit de revenir sur la saison 1988-89’.

Le Maillot : des rayures bien sûr !

Une institution ! Il y a des traditions qui sont immuables, surtout lorsqu’on est une équipe avec plus de 120 ans d’histoire… Et le maillot domicile du grand Milan en fait partie! S’il a forcément subi des ajustements années après années, la base est toujours restée la même. C’est donc encore le cas pour cette saison 88-89’.

Kappa, l’équipementier de l’équipe entre 1986 et 1990, a fait du classique. Ce maillot domicile dispose donc des mythiques rayures rouges et noires verticales. Des rayures apparues dès la première tunique créée par le club.  Elles ont été choisies par son fondateur, Herbert Kilpin. Il a tenu à associer le rouge, couleur du diable, et le noir afin de susciter la peur chez ses adversaires. « Le Milan sera comme un incendie sous un ciel orageux », disait-il. C’est aujourd’hui un élément incontournable rappelant inévitablement les Rossoneri.

Maillot Milan AC 88-89

On peut noter le nom de l’entreprise qui sera son sponsor officiel entre 1987 et 1992, Mediolanum. Au niveau de la poitrine, on retrouve également le « scudetto », ce drapeau italien que porte l’équipe qui a gagné le championnat l’année précédente. Il est aussi surplombé d’une étoile. Attention, elle ne représente pas les victoires en Coupe d’Europe des Clubs Champions ! En Italie, elle évoque les dizaines de titres remportés en Serie A (le club en comptait 11 à ce moment-là, donc une étoile). Ce maillot est disponible avec un col échancré et des manches courtes. On ne le sait pas encore à l’époque mais il restera comme un des symboles du retour du Milan AC vers les sommets européens.

Le contexte : entre confirmation et revanche

Barré par le Fair-Play financier, le Milan a, à l’heure actuelle, bien du mal à retrouver son lustre d’antan. Ce n’est pourtant pas la première fois que le club traverse pareille crise. Cela a été le cas pendant une dizaine d’années durant les années 80. Entre 1979 et 1988 plus précisément. Durant cette période, aucun titre à l’horizon. Elle comprend même deux saisons en deuxième division (80-81’ et 82-83’), une première dans son histoire, avec en point d’orgue le scandale du « Totonero » et des matchs truqués qui a provoqué cette première relégation à l’étage inférieur.

En 1986, tout change avec l’arrivée d’un certain Silvio Berlusconi à la tête du club. Il le sauve du dépôt de bilan et lance alors les grandes manœuvres. Une année plus tard, il donne les rênes de l’équipe à un entraîneur très peu connu, Arrigho Sacchi. Suivent les signatures d’un duo néerlandais : Ruud Gulllit et donc, Marco Van Basten. Dès leur première saison, le succès est au rendez-vous. Le club remporte le titre en Serie A, au nez et à la barbe du Napoli de Diego Maradona. L’année suivante, avec l’arrivée d’un troisième Néerlandais, Frank Rijkaard, la confirmation de ce renouveau est donc fortement espérée du côté du stade Giuseppe Meazza.

Trio néerlandais

Sur le plan individuel toutefois, cette première saison n’a pas été toute rose pour Van Basten. Gêné par une blessure à la cheville, l’attaquant fut très loin des standards affichés du côté de l’Ajax Amsterdam, son ancien club. Au final, son bilan sera de 8 buts en 19 matchs joués toutes compétitions confondues. Autant dire qu’il débute la saison suivante particulièrement revanchard. Surtout après un été magique, auréolé d’une victoire à l’Euro 88 avec les Pays-Bas.

La saison : si ce n’est pas l’Italie, ce sera l’Europe !

Et quelle revanche ! Les ennuis de santé derrière lui, son talent va s’exprimer à merveille dans le 4-4-2 mis en place par Arrigo Sacchi. Epaulé par ses deux compatriotes, Gullit et Rijkaard au milieu de terrain, et par une défense comprenant les perles italiennes que sont Franco Baresi, Alessandro Costacurta ou encore le précoce Paolo Maldini, l’attaquant va atteindre les sommets, autant sur le plan individuel que collectif. L’équipe révolutionne le football italien avec une approche totalement différente : privilégier l’attaque et le beau jeu au traditionnel jeu défensif (le fameux « catenaccio »).

Sur le plan national cependant, le club ne parvient pas à défendre le titre acquis la saison précédente. Il cède face au nouveau champion, son rival milanais, l’Inter, et termine troisième du championnat, également devancé par le Napoli. Les efforts de Van Basten n’auront pas suffi. Il termine pourtant deuxième meilleur buteur de la Serie A. Son bilan: 19 buts en 33 rencontres, juste derrière Aldo Serena (Inter) et ses 22 buts. Mais pas de quoi avoir des regrets pour les Rossoneri qui ont su parfaitement se rattraper. En effet, si la couronne italienne leur a glissé entre les doigts, ils ont su visé plus grand et reconquérir l’Europe !

Les coéquipiers de Van Basten remportent en effet celle qui s’appelle encore la Coupe d’Europe des Clubs Champions. C’est la troisième fois dans l’histoire du club, 20 ans après sa dernière victoire ! Il est définitivement de retour au premier plan après un parcours qui l’aura notamment vu éliminer le Real Madrid en demi-finale avec une cinglante victoire 5 buts à 0 au match retour. En finale, les Milanais ne laisseront aucune chance aux Roumains du Steaua Bucuresti. Succès 4 à 0 avec un doublé de sa star néerlandaise.  Avec 10 buts en 9 matchs, il est même le meilleur buteur de la compétition qu’il remporte pour la première fois de sa carrière. Il termine la saison avec 33 buts marqués en 47 rencontres. L’attaquant est alors non seulement au sommet du football européen mais aussi sur le toit du Monde.

Milan AC-équipe 88-89

Le moment : un deuxième Ballon d’Or pour Van Basten

Une distinction qui veut tout dire. Même si les règlements et sa perception ont changé avec les années, le Ballon d’Or demeure l’honneur suprême en termes de récompense individuelle pour un footballeur.  Le recevoir pour la deuxième année consécutive est donc encore plus savoureux. Si son succès de l’année précédente était essentiellement dû à sa victoire avec les Pays-Bas à l’Euro et cette sublime reprise de volée en finale, cette fois, ce deuxième Ballon d’Or vient récompenser une saison pleine.

Car si Van Basten l’a reçu à la fin de l’année 1989, c’est bien pour ses exploits sous le maillot 88-89’ qu’il a été plébiscité par les journalistes de l’époque.  Il rejoint alors son compatriote Johan Cruyff, Michel platini, Karl- Heinz Rummenigge et Kevin Keegan au rang des rares joueurs à l’avoir remporté plus d’une fois (à cette époque bien entendu, on vous voit venir !). Cerise sur le gâteau: il devance ses deux coéquipiers Franco Baresi et Frank Rijkaard. C’est la deuxième fois en deux ans que les Milanais placent trois de leurs joueurs sur le podium. La marque indélébile d’une domination peu commune. Et celle-ci ne fait que commencer…

Milan AC 88-89 Van Basten

Au final, cette saison 88-89’ ne sera que le reflet d’une période particulièrement faste que vont traverser celui que l’on surnommera « San » Marco Van Basten et son club du Milan AC.  Un joueur et une équipe qui poseront la première pierre d’un édifice destiné à les ériger parmi les plus grands de l’Histoire de ce sport.

Prochain rendez-vous de notre rubrique « un joueur, un maillot » la semaine prochaine. En attendant, si tu es curieux (se), tu peux toujours consulter notre collection de maillots rétro que tu peux retrouver ici.

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